La santé mentale est un pilier du bonheur, de la santé et de la qualité de vie. Elle reflète la capacité des sociétés à prévenir et à traiter la dépression, l’anxiété et d’autres troubles, ainsi que leur investissement dans la création d’environnements où les individus peuvent s’épanouir pleinement.
Dans ce rapport Global Health, nous nous appuyons sur les données de l’Atlas de la santé mentale de l’Organisation mondiale de la santé, de l’étude Global Burden of Disease 2022 et d’enquêtes nationales sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée afin d’établir un score composite pour chaque pays. Notre objectif est de mettre en évidence les meilleures pratiques, de révéler les lacunes critiques et d’inspirer des politiques qui rendent les soins de santé mentale plus accessibles tout en favorisant une vie plus heureuse et plus saine.
Méthodologie et sources des données
Afin de garantir la rigueur et la transparence du classement, nous avons combiné cinq dimensions pondérées de manière égale en un seul indice. Tout d’abord, les indicateurs de la charge de morbidité issus de l’étude Global Burden of Disease 2022 ont mesuré les taux standardisés selon l’âge des troubles dépressifs et anxieux pour 100 000 habitants, ce qui a permis d’identifier les régions où la détresse psychologique est la plus répandue. Deuxièmement, l’Atlas de la santé mentale de l’OMS a fourni des chiffres sur le nombre de psychiatres, de psychologues et de travailleurs sociaux pour 100 000 habitants, un indicateur clair de la capacité d’un pays à fournir des soins.
L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée a constitué la troisième dimension, sur la base du nombre moyen d’heures de travail hebdomadaires et des congés payés légaux, à partir de données internationales sur le marché du travail. Quatrièmement, nous avons évalué l’accès quotidien des citadins aux espaces verts, mesuré à l’aide d’indices de verdure dérivés de données satellitaires. Enfin, nous avons examiné la part des dépenses totales de santé consacrée à la santé mentale, qui reflète les priorités des gouvernements. Chaque élément a été noté sur une échelle de 0 à 100, puis la moyenne a été calculée pour obtenir le score final, les chiffres les plus élevés indiquant un environnement plus favorable à la santé mentale.
Pays les mieux classés en matière de santé mentale
Les pays d’Europe du Nord sont systématiquement en tête, combinant une faible prévalence des troubles mentaux avec des systèmes de santé solides et des politiques qui favorisent le bonheur et le bien-être.
La Finlande (92) a intégré la santé mentale dans la vie quotidienne, grâce à un système de conseil scolaire complet qui touche presque tous les élèves et à des cliniques communautaires offrant des services abordables. La nature joue également un rôle thérapeutique, les forêts et les lacs offrant des espaces de détente et de récupération. Des campagnes publiques ont contribué à réduire la stigmatisation, tandis que l’éducation obligatoire en matière de santé mentale garantit une sensibilisation dès le plus jeune âge.
La Suède (90) veille à ce que des professionnels de la santé mentale soient disponibles dans les centres de soins primaires afin que toute consultation puisse déboucher sur une prise en charge immédiate par un spécialiste. Avec une semaine de travail de 36 heures et des congés annuels généreux, le risque d’épuisement professionnel est réduit. Dans les zones rurales, des camionnettes mobiles de santé mentale permettent aux personnes vivant en dehors des grandes villes de bénéficier du même niveau de soins que les habitants des zones urbaines.
La Norvège (88) est désormais réputée pour ses services de télépsychiatrie pionniers, qui offrent des consultations vidéo 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec des thérapeutes agréés. Des équipes de proximité se rendent également au domicile des patients, tandis que des campagnes d’information publique ont considérablement réduit la stigmatisation depuis 2018.
Les Pays-Bas (86) offrent des services de conseil gratuits à tous les résidents de moins de 25 ans, tandis que leurs politiques d’urbanisme garantissent que chaque foyer se trouve à quelques minutes à pied d’un espace vert, un facteur lié à la réduction des taux de dépression.
Le Danemark (85) met fortement l’accent sur la prévention, avec des journées annuelles de dépistage de la dépression, des ateliers gratuits et des « cafés de santé mentale » informels où les citoyens peuvent rencontrer des conseillers et des pairs.
Pays dotés de systèmes solides mais confrontés à des défis persistants
Certains pays à revenu élevé offrent globalement des soins de santé mentale de qualité, mais sont toujours confrontés à des défis tels que les listes d’attente, les disparités régionales ou les préoccupations croissantes en matière de santé mentale des jeunes.
Au Royaume-Uni (72), la couverture du NHS est universelle, mais les délais d’attente pour obtenir une consultation peuvent atteindre 12 semaines et les services varient considérablement d’une région à l’autre. Des investissements récents visent à améliorer l’accès, avec une stratégie visant à placer des professionnels de la santé mentale dans toutes les écoles secondaires d’ici 2026.
Le Canada (70) intègre des contrôles de santé mentale dans les consultations médicales de routine, ce qui permet un dépistage précoce, mais les différences de financement entre les provinces créent des disparités dans la qualité des services. La stratégie gouvernementale en faveur des jeunes, lancée en 2024, consacre des fonds importants au soutien en ligne et aux centres communautaires.
L’Australie (68) dispose d’un système de santé mentale mature financé par l’assurance maladie et de la clinique numérique MindSpot, qui dessert les communautés rurales et autochtones. Cependant, les taux de suicide dans les zones reculées restent nettement plus élevés que dans les villes, ce qui a incité le gouvernement fédéral à mettre en place des programmes ciblés.
Les États-Unis (65) sont un leader mondial en matière d’innovation dans le domaine de la santé mentale, de la thérapie par réalité virtuelle aux applications basées sur l’intelligence artificielle, mais l’accessibilité financière reste un obstacle majeur. Si la loi sur la parité en matière de santé mentale (Mental Health Parity Act) a été conçue pour élargir la couverture, sa mise en œuvre varie encore d’un État à l’autre.
Les pays les moins bien classés ont besoin d’un soutien accru
Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, la santé mentale bénéficie souvent d’un financement et d’une attention publique limités, ce qui entraîne une pénurie de main-d’œuvre et une stigmatisation persistante.
Le Mexique (45) consacre moins de 1 % de son budget de santé à la santé mentale. Si des villes comme Mexico offrent des soins de haute qualité, les zones rurales sont souvent mal desservies.
L’Inde (42) présente des contrastes frappants entre les régions urbaines et rurales, avec des hôpitaux de classe mondiale dans les villes, mais peu de professionnels qualifiés dans les villages. Un programme national de télésanté mentale vise à combler cette lacune en formant des milliers de travailleurs de première ligne.
Le Nigeria (35) dépend fortement des ONG et des initiatives communautaires, avec moins d’un psychiatre pour un million d’habitants.
Le Pakistan (30) continue de se heurter à des barrières culturelles qui empêchent de nombreuses personnes de demander de l’aide. Bien qu’une nouvelle législation vise à intégrer la santé mentale dans les soins primaires, sa mise en œuvre reste lente.
Ce que les nations les plus heureuses et les plus saines ont en commun
Notre rapport montre que les pays les plus performants partagent quatre atouts essentiels. Ils disposent d’une main-d’œuvre professionnelle bien formée, de programmes d’intervention précoce dans les écoles et sur les lieux de travail, d’un équilibre entre vie professionnelle et vie privée soutenu par des horaires de travail raisonnables et des congés payés, et d’un accès quotidien à des espaces verts, qui sont bénéfiques pour la santé physique et mentale.
Aller de l’avant : construire de meilleurs systèmes de santé mentale
Pour les gouvernements qui souhaitent améliorer la situation, les priorités sont claires. Investir au moins 10 % des budgets de santé dans la santé mentale, fixer des limites au nombre maximal d’heures de travail, intégrer des dépistages réguliers de la santé mentale dans les soins primaires, étendre les espaces verts dans les zones urbaines et collaborer avec les ONG et les prestataires de télésanté pour atteindre les populations mal desservies.
Conclusion
La santé mentale est plus qu’une simple préoccupation médicale, c’est le fondement du bonheur, de la productivité et de l’harmonie sociale. Les pays qui combinent des systèmes de santé solides, des politiques avant-gardistes et des environnements favorables obtiennent des améliorations mesurables en matière de bien-être. Pour ceux qui sont encore en train de mettre en place leurs systèmes, ce classement offre une feuille de route pratique : investir dans les services, réduire la stigmatisation et veiller à ce que l’aide soit accessible à tous ceux qui en ont besoin. Si vous vivez à l’étranger ou envisagez de déménager, il est essentiel de protéger votre bien-être mental et physique. Découvrez comment l’assurance santé internationale de Global Health peut vous offrir le soutien et la couverture dont vous avez besoin, où que vous soyez dans le monde.